Conseils de lecture

S’éveiller au monde grâce aux livres sonores

Des premiers sons aux grands classiques de la musique, les livres sonores à puce font fureur chez les tout-petits et leurs parents parce qu’ils offrent une expérience sensorielle, interactive et initiatique dès le plus jeune âge. Découverte…

Mes petits imagiers sonores, Gallimard Jeunesse

Une expérience sensorielle et interactive

Avant de voir sa maman, le bébé entend le son de sa voix, une douce mélodie à laquelle il s’habitue tout au long de sa vie in utero. « Le son est en effet le premier contact que l’enfant peut avoir avec l’extérieur », remarque Isabelle Duru. Professeure de théâtre puis libraire jeunesse, elle a créé les ateliers de l’Attrape Nuages à Paris et propose des moments musicaux aux tout-petits et leurs parents dès 6 mois. « À cet âge, c’est surtout l’interaction qui compte, précise-t-elle, les gestes, les instruments et les livres servent à enrichir ce moment d’échange. » À la maison ou en collectif, les livres sonores sont autant d’incitations à multiplier ces interactions et à créer le lien entre l’adulte et le bébé : « ces petits formats cartonnés et illustrés permettent de rendre le tout-petit sensible au monde sonore qui l’entoure », explique Paule du Bouchet, responsable du département musique chez Gallimard Jeunesse. Dans ces imagiers sonores, « les sons font image et créent une véritable expérience sensorielle pour le tout-petit, qu’il peut partager avec son parent ou aborder seul, en toute liberté et autonomie. »

Une littérature rassurante

En effet les tout-petits comprennent vite la mécanique de ces livres sonores et s’en emparent avec joie, en particulier lorsqu’ils ont commencé à les manipuler très tôt avec leurs parents : « ce qui est intéressant c’est l’autonomie de l’enfant que permettent ces livres, il trouve facilement la puce, décide d’appuyer, de tourner la page… Sa capacité à être autonome dans les différents outils sensoriels se limitait à la vue, il peut désormais écouter les sons et les mélodies comme bon lui semble, il décide de faire sens par lui-même, et cela participe de l’affirmation du moi à l’âge le plus tendre », explique Paule du Bouchet.

"Grâce aux comptines et chansons,
le tout-petit découvre une première
littérature rassurante et réconfortante"

 

Le livre sonore permet ainsi au tout-petit de se poser dans un cadre, de se concentrer sur un objet et d’être dans le moment présent : « c’est un peu comme la prolongation d’un atelier d’éveil musical qui offre la possibilité d’une exploration autonome des sons et de la musique », note Isabelle Duru. Pour l’éditrice Paule du Bouchet, cette autonomie est précieuse à un âge où l’enfant ne sait pas lire et entre dans l’apprentissage du langage : « grâce aux comptines et chansons, il découvre une première littérature rassurante et réconfortante, au moment où il commence lui-même à mettre les mots ensemble, avant d’inventer son propre langage ».

L’éveil à la musique est un éveil au langage

« Dans la phrase musicale, il y a le mot phrase », note Paule du Bouchet. Et comme on apprend à parler, on apprend à écouter : « Avant la musique, on apprend à reconnaître les sons, puis la musique et son vocabulaire commencent à faire sens, nos imagiers sonores suivent cette évolution de compétence. » Pas besoin pour autant de suivre un ordre précis dans les titres que l’on présente à son enfant : cris d’animaux, berceuses, chansons françaises ou opéra classique, à chaque âge il s’appropriera le thème d’une façon différente. « J’ai vu mon bébé sourire à 5 mois, puis battre la mesure dès ses 9 mois sur la Flûte enchantée de Mozart », témoigne une maman. Grâce aux comptines répétées et chantées par cœur, il s’approprie aussi la musique et la richesse de sa langue : nouveaux mots, nouveaux sons, rimes et rythmes qui façonnent et aiguisent sa perception du monde et ouvrent la voie à la lecture. Prochaine étape ? Les livres CD, à écouter à partir de 3 ans.